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Lorette 3ème partie
par bourdonb le, 28/08/2005  

A l'aube du 10 mai, chefs et soldats sont d'accord sur l'objectif à atteindre : faire tomber le fortin.
Mais, dans la journée du 10, des rassemblements de soldats allemands laissent présager une contre-attaque venant de Souchez. L'artillerie française exécute un violent tir de barrage. La contre-attaque allemande n'a finalement pas lieu. Des fantassins, protégés par le tir de barrage, en profitent pour enlever une quatrième ligne de tranchées. «Certains, emportés par leur élan, descendent jusqu'aux abris dans le ravin d'Ablain et y font prisonnier un commandant de compagnie »
Sur la gauche de la Chapelle, une attaque française est rapidement arrêtée par les canons d'Angres. En outre, le commandant du bataillon de chasseurs est mortellement frappé d'une balle à la tête en sortant des tranchées, d'où un certain flottement. Au centre, le fortin continue à empêcher l'accès du plateau.
Ce 10 mai, au soir, les Français ont conservé les gains de la veille et grignoté un peu de terrain ; grâce au fortin, les Allemands sont cependant toujours maîtres du plateau de Lorette.

11 mai. Les éléments orientés la veille face à la sucrerie de Souchez sont ramenés sur le plateau. En même temps, les troupes françaises refoulent les Allemands sur les contreforts Sud du plateau et avancent sur l'éperon qui domine Ablain sous les tirs permanents des canons d'Angres et des mitrailleuses d'Ablain.
Enlever le fortin est la seule pensée des soldats et de leurs chefs. « On vit et on a confiance. Mais il fait chaud et l'odeur est atroce. Tous les morts des mois précédents, enterrés à fleur de terre, ont été projetés par les obus hors de leurs tombes. Le plateau est un charnier ».. .
« Le soir, après une lutte féroce, dans les trous d'obus qui jalonnent les pentes des ravins, en bondissant derrière les haies basses », les Français s'emparent des pentes inférieures de l'éperon des Arabes.
Dans ces trous, ce ne sont que des combats corps à corps. « Un des nôtres maîtrisait un officier qui avait tiré la dernière balle de son browning ; un autre lançait des grenades par-dessus un mur de sacs à terre derrière lequel s'abritaient les derniers occupants et qu'un camarade, un autre grenadier sans capote, souple et fort comme un lutteur, s'efforçait de renverser : il y réussit ». . .
Les Allemands contre-attaquent dans la nuit en partant de l'éperon de Blanche voie ; ils sont refoulés.
Au terme de cette journée, les Français touchent aux lisières Nord d'Ablain ; les progrès des jours précédents ont été maintenus ; les unités d'attaque ont été renforcées ; l'intendance suit : les hommes de tête sont ravitaillés en soupe, en vin et en tabac.


 


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