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Catastrophe de Courrières, résumé
par bourdonb le, 22/03/2008  

Il y a 102 ans, le résumé de la catastrophe de Courrières
Extraits de Catastrophes et accidents de la mine d’Henri Bourdon (mon père)


10 mars 1906 (Catastrophe dite de Courrières)
Il convient, semble-t-il, de lever une certaine confusion dans les esprit ceux qui ne connaissent pas la région minière , d'aucuns pensent en effet que cette catastrophe s'est produite sur le territoire de la ville de Courrières alors qu'il n'y avait plus de fosse en exploitation à Courrières en 1906 et qu'aucun de ses habitants n'a trouvé la mort dans la catastrophe.

Comment expliquer cette confusion. Des le début du XVlllème siècle, les industriels lillois, menacés par une pénurie de bois, font procéder à des recherches de « charbon de terre » qui fait la prospérité de leurs voisins belges. C'est ainsi quede la houille est découverte à 150 mètres de profondeur environ à la suite d'un sondage effectué à Courrières en avril 1849.

Sur une demande formulée le 9 mars 1850, LOUIS­ NAPOLÉON, Président de la République Française, par décret en date du 5 août 1852, « fait concession » aux personnalités associées dans la découverte du charbon à Courrières « des mines de houille comprises dans les limites ci-après définies, communes de Carvin, Oignies, Courrières, Hénin-Liétard, Rouvroy, Méricourt, Billy-Montigny, Montigny, Harnes, Salau, Avion, Loison, Dourges, Noyelles-sous-Lens, Fouquières-lez-Lens, Annay, Estevelles (Pas-­de-Calais) ». A l'effet d'exploiter les richesses du sous-sol est créée la Compagnie des Mines de Houille de Courrières.

Première de la concession à être ouverte, la fosse 1 de Courrières est mise en exploitation en 1851. Jugée non rentable, elle est arrêtée en 1888. Quant aux fosses 2 de Billy-Montigny, 3 de Méricourt et 4 de Sallaumines, mises en exploitation successivement en 1856, 1860 et 1867, elles ont produit chacune plus de 173 000 tonnes de charbon cette année-là.

Au moment de la catastrophe dite de Courrieres, les fosses qui étaient initialement autonomes sont reliées entre elles par des galeries. Cinq fosses sont concernées : les fosses 2 et 10 de Billy-Montigny, la fosse 3 de Méricourt, les fosses 4 et 11 de Sallaumines. L'exploitation d'une mine de charbon étant avant tout conditionnée par l'aérage qui nécessite l'existence de deux puits communiquant entre eux, comment se présentent ces fosses en 1906 ? L'air entre par les puits 10 et 11 et sort par les puits 2 et 4. Quant au puits de la fosse 3, deux cloisons le divisent en trois compartiments : le compartiment central, le plus important, sert à l'extraction et à l'entrée de l'air : l'un des compartiments latéraux, appelé goyot, est utilisé pour la sortie de l'air aspiré par un ventilateur, tandis que l'autre est muni d'échelles pour la circulation du personnel. Autre caractéristique de l'aérage au 3, l'air qui entre par ce puits est envoyé dans trois directions : vers les puits 2 et 4, et dans un quartier au sud de la fosse 3 ; seul l'air dirigé dans ce quartier remonte par le goyot.

Dans la nuit étoilée et fraîche, bien emmitouflés, la musette pendue à l'épaule, les mineurs affectés au poste du matin gagnent par petits groupes leur fosse respective. Les jeunes devisent gaiement : demain, c'est dimanche. Quant aux plus âgés, ils s'interrogent sur le feu qui couve dans la veine Cécile : on en parle tant ! Ils ne cachent pas leur anxiété.

Arrivés sur le carreau de la mine après avoir passé entre les deux battants d'une haute grille en fer forgé qui y donne accès, l'atmosphère de travail avec ses préliminaires habituels reprend ses droits.

Les hommes se rejoignent dans une immense salle où ils déposent manteau et autres affaires. Puis, en tenue de mineur, ils passent à la lampisterie pour y retirer une lampe à huile contre indication de leur matricule. Et c'est la montée au moulinage où chacun, tant bien que mal, s'installe dans des berlines placées sur rails.
Remontant du fond où elle a déjà déposé plusieurs cargaisons d'ouvriers, la cage surgit du puits, s'immobilise sur les taquets. Les berlines chargées d'hommes y sont poussées et calées. Une sonnerie. La cage, glissant le long des guides, descend rapide, sûre ; s'arrête. C'est déjà l'accrochage. A 340 mètres sous terre.
Un manoeuvre tire à lui les berlines qu'il gare sur une voie ferrée, en attente d'être emmenées vers les fronts. Les hommes sautent à terre et, par la bowette principale, chacun gagne son poste de travail.

Après 5 heures, place au matériel à descendre, place au charbon à remonter ! Plus de descente possible pour les hommes. Aussi, est-ce au pas de course que, parfois, certains retardataires gagnent la fosse. Ce 10 mars, le fils Carrière est de ceux-là.
Mais aujourd'hui, à cause de l'incendie, on est plus indulgent. C'est ainsi que Henri Wattiez a pu descendre à 5 h 20 et Léon Boursier un peu plus tard encore. Pour leur malheur ? . . .
Le jour se lève. Le ciel est clair, il fait frisquet. Le printemps approche. Une belle journée en perspective.


Catastrophe de Courrières, résumé (1)


 


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